mai 20, 2015 - Bribes de vies    10 Comments

Hier, j’ai vu que Dr. Martens organisait un vrai concours pour le Hellfest 2015

Le nouveau concours proposé par Dr. Martens pour le Hellfest 2015

Le nouveau concours proposé par Dr. Martens pour le Hellfest 2015

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, je voulais féliciter l’action rapide de l’UPP qui a défendu les droits des photographes dans l’affaire du concours de Dr Martens pour le Hellfest 2015.

Petit rappel des faits

Depuis plus d’une semaine, la page facebook de Dr. Martens était inondée de remarques stigmatisant le concours pour être reporter lors du Hellfest 2015. En somme, les candidats devaient envoyer leur plus belle lettre de motivation et le gagnant recevait le droit de travailler bénévolement (notez l’oxymore) pour la marque en tant que reporter lors du Hellfest, les vrais bénéfices étant un deuxième pass, deux paires de chaussures, des t-shirts et des goodies (le premier pass étant obligatoire pour entrer sur le lieu du festival et donc pour réaliser le reportage => Faux gain).

L’UPP en action

Quelques temps après la publication du concours sur la page de la marque, l’Union des Photographes Professionnels a commenté l’annonce en signifiant qu’il transmettait à leurs services juridiques ce lien.
Le 12 mai 2015, l’UPP signalait déjà une réponse de Dr. Martens. Les deux organismes étaient en discussion pour que le concours puisse se faire en toute légalité surtout en matière de droits d’auteur.

Hier, le 19 mai 2015, L’UPP auteurs, via sa page Facebook, annonçait alors qu’après discussion avec les services de Dr. Martens la version définitive du concours devrait être en ligne le 20 mai.

Annonce de l'UPP du 19 mai 2015

Annonce de l’UPP du 19 mai 2015

Vous pouvez retrouver cette remarque ici sur la page Facebook de L’UPP

Dr. Martens ouvre un nouveau concours pour le Hellfest 2015

A peu près au même moment, sur la page de Dr. Martens France, une annonce pour un nouveau concours est lancée. Cette fois, sans contre-partie de la part du gagnant. Peut-être est-ce juste un nouveau concours ? Oui, c’est possible.

Sincèrement, si ce nouveau concours est le fruit des discussions avec l’UPP, la réaction de Dr. Martens est à souligner parce qu’elle prouve que l’enseigne a écouté et compris le problème concernant son annonce et réagi correctement. En même temps, je doute que se retrouver avec un procès aux fesses soit tentant, même pour une grande enseigne. ;)

Alors maintenant, si vous voulez gagner un pass 3 jours pour le Hellfest, n’hésitez plus, foncez ! Vous n’avez pas de contre-partie à offrir à la marque ! Vous pourrez donc profiter des concerts, des stands librement. Et pour les photographes amateurs qui seraient déçus de voir une opportunité leur passer sous le nez : rapprochez-vous des webzines spécialisés, travaillez main dans la main avec eux, et l’année prochaine, qui sait, vous aurez peut-être votre accred’ sans passer par un faux concours, mais juste en la demandant, ou devenez pros ! ;)

Pour participer au nouveau concours, c’est donc ici : http://www.drmartens.com/fr/Hellfest-2015

Je ne sais pas s’il y aura autre chose de concret concernant l’ancien concours. Je n’ai pour le moment pas trouvé de remarque à ce sujet sur la page Facebook de Dr. Martens France ni sur celle de l’UPP. A voir dans le courant de la journée… Je mettrai à jour cet article si c’est le cas.

13h42 : Apparemment, Dr. Martens France, sur leur page Facebook, confirme que le précédent concours est toujours d’actualité et que le gagnant a été contacté.

17h47 : L’UPP confirme qu’ils n’ont aucune nouvelle de Dr. Martens à propos du concours. Il n’est donc toujours pas passé sur la liste blanche.

9 juin 2015 : l’UPP signale que le concours de Dr. Martens « recherche reporter pour le Hellfest » était entré dans sa liste blanche des concours. Des clauses sur la cession de droits d’auteur du gagnant ont été rajoutées au règlement du concours. Vous pouvez les retrouver ici :
http://www.upp-auteurs.fr/actualites.php?actualite=1351

Un précédent

Cependant, je reste quand même circonspecte, lorsque, sur la page de Dr. Martens France, je trouve ce post qui date de 2014…

Apparemment, la marque n’en était pas à son premier coup d’essai. Elle est quand même passée d’une annonce de CDD à une annonce de concours en un an. Il faudra donc être vigilent l’année prochaine. Mais pour le moment, laissons Dr. Martens en paix et souhaitons à leurs équipes de passer un bon festival !

Petite anecdote végé au passage

Le Hellfest 2015 propose de la restauration végétarienne et végétalienne.
Pourquoi est-ce à noter ? Parce que c’est la première fois que le festival proposera un tel stand !
Au vue de l’augmentation de ce public, je trouve vraiment bien que l’organisation du fest’ y ait pensé. Bravo !
Si vous souhaitez plus d’infos, n’hésitez pas à lire l’article sur le site de Planète animaux.

Pour finir, une petite note personnelle

A ce jour, ma lettre de démotivation a même été relayée, commentée, aimée plus de 5 000 fois sur les réseaux sociaux. Lorsque j’ai vu ces chiffres, je n’y ai pas cru. A mon niveau, c’est une démesure à laquelle je ne pensais pas et je doute que ce soit le cas pour mes prochains articles qui traiteront de sujet probablement plus légers.
Ce jour-là, j’avais juste voulu faire une lettre, histoire de passer mes nerfs contre ce genre de pratiques honteuses, une espèce de défouloir, un exutoire… mais jamais je n’aurais imaginé être autant lue. Mon eXutoire est devenu véritablement public pour le coup.
J’en profite d’ailleurs pour remercier tous ceux qui m’ont soutenue et tous ceux qui ont alimenté le débat avec leurs remarques constructives, même si je n’ai pas toujours eu le temps de vous répondre. Vraiment, merci à tous.

En particulier, je voudrais remercier Geoffrey Crofte de Creative Juiz d’avoir écrit, lui aussi, un article sur ce concours et qui y a relayé ma lettre. Merci aussi à Christine qui a fait un travail de dingue pour me convaincre à poster cette missive.

Merci encore (et je ne le dirai pas assez) à l’UPP de veiller sur la profession.

La pseudo-révolutionnaire vous salue tous bien bas.

10 Comments

  • « Merci encore (et je ne le dirai pas assez) à l’UPP de veiller sur la profession. »

    Profession dont vous ne faites pas partie, si j’ai bien compris…

    Je trouve assez cocasse de venir se plaindre du bâton qui frappe les photographes professionnels quand on est soi-même, en partie, à l’origine du problème !

    Cheers.

    • Pourquoi serai-je à l’origine du problème alors que je ne pratique que pour mon plaisir personnel (j’insiste parce qu’on ne sait jamais) ? Je ne donne pas (à part ONG et amis), ne vends pas de photos, puisque je pratique pour moi. Donc je n’emmerde personne !
      Je ne pratique plus, mais je pourrais pratiquer, les activités photographiques font parties de mes métiers potentiels. Je peux exercer, mais ne le fais pas. Si quelqu’un demandait à faire l’acquisition d’un de mes clichés, je le ferai payer, évidemment. C’est déjà arrivé. On a refusé de me payer, je n’ai pas livré la photo, point barre.
      C’est ma volonté de plus exercer ce métier parce que je ne peux plus l’assumer physiquement. Photographe d’événements, c’est lourd et fatiguant, contrairement à ceux qui croient que c’est « facile » et qu’il suffit d’appuyer sur un bouton.
      Ma santé ne me permet plus d’être au taquet et de travailler encore avec l’Oreille à l’envers (webzine associatif à but non lucratif) ou de proposer des prestations de ce genre.
      Qu’est-ce qui vous gène dans le fait de prendre la plume pour défendre quelqu’un ? Ce genre de problème touche tous les créatifs dont je fais partie, non ?

  • Il y a beaucoup d’angélisme dans votre réponse. Le nombre de gens qui pratiquent la photographie « pour leur plaisir personnel » a été décuplé depuis dix ans. La conséquence directe de ce phénomène c’est que le nombre de demandes d’accréditations a explosé, et avec lui le niveau d’exigence des prod qui ont mis en place un système pervers d’accréditations gratuites contre des photos gratuites. Et encore, je ne parle pas des accréditations payantes, un système en voie de développement mis en place par de plus en plus de festivals. Résultat ? Les photographes pros ont déserté massivement les fosses concerts.

    Alors oui, vous êtes indirectement à l’origine du problème, même si vous ne vendez pas de photos. Chaque fois qu’une place est prise dans un pit par un photographe amateur, c’est une place et du taff en moins pour un pro. Sans compter le système mis en place en France, ce statut d’auto-entrepreneur qui permet à n’importe quel quidam de s’auto-proclamer photographe-auteur, en s’acquittant des charges légales (20%) tout en ayant un job à côté pour bouffer. Pendant ce temps-là, toute une profession souffre mais ça c’est à classer dans les dommages collatéraux.

    Vous voulez faire ce job ? Do It. Engagez-vous. Devenez photographe et adhérez à l’UPP. Mais je ne suis pas sûr que vous soyez prête à prendre le risque, d’ailleurs vous le dites vous-même. Mais je ne vous blâme pas, mieux je vous comprends. Je trouve seulement assez paradoxal de lever votre bouclier pour un problème que vous avez vous-même indirectement contribué à créer.

    Cheers.

    • Que vous vous en preniez à moi parce que j’ai défendu un corps de métier que je respecte me dépasse. Parce que si j’élargis votre propos, ça voudrait dire qu’on n’a aucune raison de manifester un désaccord tant qu’on n’est pas touché directement. N’ai-je pas le droit d’exprimer mon désaccord ? N’ai-je pas le droit d’être solidaire avec un corps de métier que je respecte ?

      D’angélisme ? Non de réalité. Pourquoi ? Parce que j’ai arrêté la photographie de concerts à cause de ce que vous mentionnez justement !
      Je m’explique…

      Je participais déjà au webzine l’Oreille à l’envers (webzine à but non lucratif) alors que le numérique n’étais pas encore implanté. Je travaillais en argentique et on était deux ou trois dans le pit maximum, souvent j’étais seule.
      J’ai dû arrêter après quelques temps pour des raisons financières et quand j’ai voulu reprendre, il y a 5 ans, j’ai halluciné devant le nombre de photographes devant la scène. J’étais perturbée. J’étais déjà malade et je suis extrêmement timide, alors m’imposer, me faire voir n’était pas mon but lorsque j’avais l’appareil en main. J’avais juste envie d’être discrète.
      Et j’ai vu la masse de dits « photographes » qui flashent à tout va, gardent le doigts sur leur déclencheur, mode rafale [on], APN en auto et qui piétinent les autres pour avoir leur shoot insipide et que tous les autres auront… J’ai alors compris que je n’avais plus ma place là. Bye bye le pit !
      Je n’ai jamais considéré la photo de cette façon.

      Aujourd’hui, je préfère photographier la forêt, les animaux sauvages ou non, la nature (d’où le plaisir personnel sus-cité) plutôt que des êtres humains sur scène et risquer de me prendre un coup par un photographe plus intrépide et moins respectueux que moi. Pourtant, c’était mon univers favori, jouer avec la lumière me fascinait.

      Donc non, je ne pense pas avoir participé au problème, au contraire, je pense m’être rendue vite compte de ce que vous mentionnez pour éviter d’y participer. Enfin je l’espère vraiment.
      J’ai shooté quelques concerts en quelques années, j’ai été naïve, je me suis fait abusée par des gens qui ne payaient pas et qui n’auraient payé personne de toutes façons, par des groupes qui utilisaient mes photos sans me le demander et en me faisant insulter dès que je disais que c’était une utilisation abusive de mon travail, et dès que j’ai demandais à être payée pour mon travail (avec la naïveté du débutant), il n’y avait plus personne. C’était formateur, c’est sûr. Mais je l’ai payé cher et ça a tué ma passion.

      Bizarrement, je n’ai eu affaire à une prod’ qu’une seule fois pour les Métallurgicales 2012 que je n’ai couvert qu’une seule fois aussi, toujours pour le même webzine. C’est là que j’ai pris conscience de la violence du pit. J’ai été là toute la journée, on était deux ou trois au début du festival et le pit était envahi pour l’avant dernier groupe. Les photographes amateurs ou professionnels ne s’étaient déplacés que pour les têtes d’affiche… Je crois que derrière ce fest’, sur un an et demi, j’ai fait deux ou trois autres festivals, c’est tout. Mais ils étaient tous gérés par des assos. Donc définitivement, non, je ne pense pas vous avoir volé votre gagne-pain parce que sur certaines dates j’étais seule et qu’il y avait largement la place pour des professionnels. Je pense juste que ce que je photographiais n’intéressait personne d’autre que l’Oreille à l’envers.

      Je pense que si les photographes pros peinent à trouver chaussures à leurs pieds, ce n’est pas de la faute des amateurs qui veulent devenir pros et qui vous respectent (pour certains au moins), mais plutôt d’une une mauvaise gestion des accréditations par l’organisation du festival. Un service de presse ne doit pas accréditer tout le monde ou au hasard. Ils doivent avoir un quota respectueux de la presse, respectueux des pros, mais aussi des webzines indés et des photographes indépendants aussi et une pincée d’amateurs. Mais la place est au pros d’abord, c’est normal ! C’est un point de vue idéaliste, je vous l’accorde… :/

      Après, je vous l’accorde aussi, depuis le numérique et les capacités de stockage massif, tout le monde s’improvise photographe… Comme tout le monde s’improvise blogueur ou rédacteur (c’est ma formation initiale à laquelle je tends revenir, on revient toujours à ses premières amours dit-on…) C’est un problème récurrent aujourd’hui : plus personne ne veut payer un travail créatif. C’est le cas pour TOUS les métiers créatifs. Et la concurrence déloyale explose sur le web…

      Franchement, merci à vous pour votre commentaire. Vraiment. A la base, je me suis sentie vexée parce que vous m’accusez, mais il m’a permis de retracer mon parcours et de me souvenir combien j’avais été écœurée lors de ces Métallurgicales par le comportement des photographes que j’ai croisés. Votre commentaire a juste confirmé que je souhaitais rester placée en retrait de monde tout en vous soutenant.

      • Il y a des gens, tu les défends (ou leur profession ou plus largement notre condition de travailleur) , ils trouvent encore moyen de te tomber sur le dos avec une approche au moins biaisée, des accusations lamentables et une humanité à deux balles (anciens, les francs). Merci pour votre appel à la raison et votre « combat », appelons-le ainsi puisque la démarche ne peut se borner à dénoncer le comportement inique de nombre de grosses sociétés, puisqu’il faut encore se défendre contre la bêtise d’un certain nombre d’individus envers qui on croyait témoigner de la solidarité. Non que d’autres regards ni l’échange d’idées ne soient indus, mais la manière parfois employée, grotesque, accusatrice, me répugne.

        • Merci pour ce soutien.

  • Je salue ta prise de recul sur cette situation et sur la marque Dr. Martens ! Un vrai travail journalistique. Mais du coup j’en veux encore !
    Par contre le Hellfest n’est pas le premier à proposer un stand de restauration végétarienne, mais peut-être le premier à le dire… le festival belge Esperanzah! en Belgique le fait depuis longtemps, mais ils ne communiquent pas dessus :)

    Bisous

    • Merci beaucoup Fleur.
      :)

    • Je ne parlais que du Hellfest, c’est une première pour eux ;)

  • pertinence et totale lucidité dans l’analyse… Hélas…..

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