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Déc 3, 2025 - Bribes de vies    No Comments

Handicaps invisibles

Trigger warning/éléments déclencheurs

Santé mentale, anxiété, TDAH, TSA, RCH, TAG, endométriose, menstruations, sang, automutilations, idées noires et autoagressives.

Le handicap

3 décembre, il paraît que c’est la journée du handicap, alors, j’ai décidé de vous parler du handicap invisible, celui que personne ne peut identifier de prime abord, puisqu’il est interne… Il touche une majeure partie des personnes porteuses de handicap.s. Pourtant, la dernière fois que j’ai évoqué mon handicap sans le préciser pour une location de maison, on m’a répondu « ce ne sera pas possible, la chambre est à l’étage ». Preuve d’une méconnaissance de ce qu’est un handicap et que la plupart des gens pensent que handicapé.e.s = fauteuil roulant. C’est malheureusement encore un raccourci facile lorsque nous ne sommes pas confronté.e.s personnellement aux différents types de handicaps ou sensibilisé.e.s à ces derniers.

Spoiler alert : tout le monde peut un jour ou l’autre se retrouver dans une situation permanente ou temporaire de handicap. Se casser une jambe, un accident, une dépression passagère, un choc émotionnel… Bref ! Le handicap est partout, mais personne ne le voit vraiment.

Alors c’est parti pour mon coming out officiel, avec des diagnostics qui pour la majorité n’ont pas plus de 2 ans, à part le premier qui en a 16 (RCH) et qui m’a valu mon premier contact avec le handicap et une Reconnaissance de Qualité de Travailleuse Handicapée (RQTH), puis une invalidité avec impossibilité de travailler plus de 16 h/semaine. Ces derniers diagnostics vous expliqueront pourquoi je suis moins disponible pour vous, mes proches, pourquoi je vous vois moins et pourquoi j’essaie de me focaliser sur ma créativité : je cumule les handicaps, c’est un combat au quotidien.

Liste exhaustive de mes handicaps invisibles

  • Rectocolite hémorragique (RCH),
  • Endométriose,
  • Trouble prémenstruel (TPM),
  • Trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH),
  • Suspicion de trouble du spectre de l’autisme (TSA),
  • Trouble anxieux généralisé (TAG).

Voici la liste exhaustive des handicaps reconnus que je porte à ce jour. Aucun n’est mortifère en lui-même au stade où j’en suis, aucun n’est d’une gravité excessive, la difficulté que je rencontre se situe dans l’accumulation de ces pathologies et troubles, auxquelles s’ajoutent plusieurs discopathies et l’organisation des soins de santé qui en découlent.

Même si certains soucis sont stabilisés, comme la RCH, reste l’épuisement, les douleurs quotidiennes qui fluctuent selon leurs bon vouloir et les effets secondaires des traitements (par exemple, il est possible que le traitement qui aide mon TDAH accroisse mon anxiété, c’est le serpent qui se mord la queue).

Sensibiliser

Si je décide de faire cette publication aujourd’hui, c’est aussi pour sensibiliser à certaines choses. Le parcours diagnostic, l’errance médicale, les démarches administratives, l’organisation des soins sont une charge mentale constante dans la vie des personnes handies, ce n’est pas un simple détail de leur vie, c’est leur quotidien. Et régulièrement jauger son état psychique et/ou son état physique avant toute sortie ou interaction sociale, qu’elle soit douce, bienveillante, festive, ou pas, c’est une nouvelle charge, souvent frustrante et déprimante, quand on doit s’isoler pendant que ses proches font la fête.

Je vous laisse avec mon témoignage relatif à chacun de mes handicaps. Et je ne le répéterai jamais assez : au moindre doute, consultez et affirmez vos douleurs et vos souffrances. Vous avez le droit d’être écouté.e.s et vos problèmes ont le droit d’être reconnus, quels qu’ils soient.

Endométriose

Mon diagnostic d’endométriose est arrivé après 15 ans de douleurs qui se sont intensifiées sévèrement aux alentours de la quarantaine. La posture accroupie déclenche douleurs et fourmillements dans les jambes et la posture debout prolongée également, du fait de la gravité qui joue sur les ligaments atteints. La marche peut parfois aussi être difficile, alors que j’aimais randonner. Les douleurs ne me lâchent désormais jamais, me ceinturent et l’irradiation court jusqu’aux orteils en passant par les deux côtés des jambes. Rien n’éteint ces douleurs, ni les antidouleurs, ni les anxiolytiques, ni les antidépresseurs, ni la méditation, ni la relaxation, ni les séances énergétiques ou de bien-être et même si l’électrostimulation semble m’aider un peu lorsque je suis en crise, je garde toujours un fond de douleur sacrale. En permanence. J’attends de tester la kiné pelvienne pour retrouver de l’élasticité au niveau des tissus cicatriciels qui ont créé des adhérences avec d’autres organes.

Alors voici mes conseils concernant cette pathologie systémique (et pas uniquement gynécologique) : ce n’est pas normal d’avoir mal pendant les règles. Ceci m’a été confirmé par plusieurs personnes qui travaillent dans le milieu de la santé. Les règles peuvent être désagréables, mais ne doivent pas vous rendre malade. Si c’est le cas, consultez et insistez. J’ai dû demander chacun de mes examens, pourtant mes soignant.e.s sont bienveillant.e.s et à l’écoute, mais aucun.e d’entre elleux n’avait pensé à l’endométriose. C’est moi qui l’ai suggérée.

Mon second conseil : si vous avez un doute, tenez un journal de douleurs physiques et de souffrances psychiques. Cet outil pourra vous aider à identifier si vos problèmes reviennent de façon cyclique. Grâce à mon journal, j’ai gagné en confiance pendant mes rendez-vous médicaux et j’ai osé réclamer les examens nécessaires à l’exploration diagnostique. Alors, j’avoue, c’est souvent désagréable de lister sur le papier (ou comme ici de façon numérique) ses difficultés du quotidien, parce que c’est regarder en face ses souffrances et parfois se rendre compte de sa perte d’autonomie ou de la dégradation de sa santé. Pourtant, c’est aussi le premier pas vers la prise en charge médicale, puis vers l’acceptation, jusqu’à, je l’espère, une forme de résilience.

Lors de ma dernière consultation avec ma gynécologue, elle m’a clairement expliqué que l’endométriose se déclenche lors des premières règles et qu’elle agit comme un coup de soleil intérieur qui se répète à chaque cycle. Rien ne sera vu à l’imagerie avant plusieurs années et, malheureusement, ce ne sera pas toujours le cas avec le temps. Parfois, elle se dissimule terriblement.

De plus, il est fréquent que des atteintes modérées, comme la mienne, soient très douloureuses du fait de la proximité des autres organes et des nerfs localisés dans le bassin.

Lorsque le diagnostic est long à poser, le risque, au-delà des problèmes organiques qui s’étendent, c’est un dérèglement du système de régulation interne de la douleur. C’est mon cas. Mon cerveau est en état d’alerte constante et m’envoie un signal de douleur qui aurait pu ne pas exister. J’attends un retour du centre anti-douleurs pour pouvoir tester l’hypnose. Parce que le problème en Bretagne, c’est que chaque personne touchée doit se prendre en main pour constituer sa propre équipe pluridisciplinaire, pas toujours remboursée par la CPAM, alors que dans d’autres régions, il y des centres dédiés.

Ça c’est pour l’endométriose.

Trouble prémenstruel (dysphorie prémenstruelle)

Pour le trouble prémenstruel, chez moi, il commence souvent 10 jours avant les règles : douleurs et mal être profond (avec idées noires et envie d’autoagression ou de mettre fin à mes jours fréquentes), crise de colère, émotions exacerbées. Pour ma part, le psychiatre a noté sur le papier « trouble anxieux dépressif lié au cycle menstruel« .

10 jours de souffrance intense pendant lesquels, je m’accrochais à la vie de toutes mes forces. Puis 5 à 8 jours de règles et la fatigue qui va avec quand on est hyper carencée en fer et qu’on ne le fixe pas.

Sur un cycle de 25 jours, je vous laisse faire le calcul du nombre de jours où j’étais opérationnelle. Aujourd’hui, ce trouble est à peu près stabilisé avec la pilule imposée par l’endométriose pour éviter que cette-dernière ne progresse. Pourtant, je ressens encore les effets du cycle, même de façon modérée. La pilule n’empêche pas l’ovulation, il y a donc une fluctuation hormonale, même minime, qui subsiste et il a un impact sur mon psychisme. Il a commencé aujourd’hui, deux semaines après quelques pertes de sang, malgré la pilule. Hasard ? Je ne crois pas…

Là encore, mon outil pour le diagnostic a été mon journal. Il a pu révéler le côté cyclique du problème. J’ai repris ce journal il y a quelques semaines à cause de cette interrogation : la pilule entrave-t-elle réellement le trouble prémenstruel ?

Selon mon psychiatre, beaucoup de femmes seraient atteintes de ce trouble sans le savoir et, en conséquence, ne peuvent pas être aidée.

Rectocolite ulcéro-hémorragique (RCH)

La RCH, Maladie Inflammatoire Chronique des Intestins (MICI) très glamour (ironie) petite sœur de la maladie de Crohn, touche uniquement le colon et le rectum avec ulcérations, saignements, glaires, diarrhées et douleurs (il y a des pathologies liées qui peuvent également se déclarer). Pour cette dernière, j’ai beaucoup de chance, ma RCH s’est déclarée en 2009 et je n’ai fait que 2 poussées en 2009 et en 2018.

La dernière poussée, toutefois, m’a complètement lessivée pendant plusieurs mois, voire années. J’étais salariée d’une entreprise, en arrêt un mois et demi le temps que la maladie se stabilise, puis j’ai repris le travail et les symptômes se sont aggravés. J’ai refusé d’arrêter une nouvelle fois mon travail pour montrer que j’étais une combattante et que je pouvais tout gérer. Erreur monumentale.

La RCH, comme toutes les maladies inflammatoires chroniques, épuisent profondément le corps et par conséquent l’esprit. De plus, les saignements quotidiens pendant plusieurs semaines/mois vident de toute énergie et peuvent anémié le corps.

À la fin de chacune de mes poussées, une fois stabilisée, étant donné les effets secondaires importants dus aux différents traitements testés, j’ai choisi de suspendre la prise de médicaments pour récupérer un confort de vie que les traitements ne me permettaient pas. Je ne conseille ce choix à personne. J’ai pris un risque énorme de rechute et de résistance aux traitements en prenant deux fois ces décisions. Chaque cas est différent et ce qui fonctionne pour moi, ne fonctionnera peut-être pas pour vous.

Trouble du Déficit de l’Attention avec Hyperactivité et Trouble du Spectre de l’Autisme (TDAH et TSA)

Le fameux TDAH, diagnostiqué il y a 1 an. Donc 44 ans de masquage et de difficultés cognitives, de concentration, d’organisation, de planification (influencées aussi par l’état physique), émotionnelles, relationnelles et de l’hyperactivité essentiellement mentale dans mon cas du fait de mes soucis de santé qui m’épuisent, mais je dis souvent que personne ne me voit tapoter des orteils à l’intérieur de mes chaussures de rando. La Jessie adulte n’est pas la Jessie enfant qui courait partout et se mettait en danger facilement : j’ai eu beaucoup de chance de ne pas m’être fait renverser par un train sur les voies ferrées ou de tomber dans les pièges d’une ancienne fosse minière à charbon laissée à l’abandon lors de mes vadrouilles. J’ai eu la chance de ne jamais me briser aucun membre.

Par contre à l’école, c’était la catastrophe. Manque d’attention (orthographe exécrable), problèmes sociaux en continu, grosse difficulté à apprendre par cœur (c’est toujours le cas malgré les scènes ouvertes et scènes slam) et à me focaliser sur ce qui ne m’intéressait pas. Ma distractibilité est énorme : laissez un.e chat.te errer devant moi, emmenez-moi dans une bibliothèqu ou une librairie et, malgré tous mes efforts, vous n’existerez plus. Faites une balade en forêt avec moi, vous verrez à quel point toute la nature est source d’émerveillement et de déconnexion avec la réalité sociale, mais ça, c’est une autre histoire…

En novembre 2020, j’ai commencé à comprendre vraiment le problème lors d’une phase où je ne parvenais plus à lire (l’une de mes activités favorites, lorsque tout va bien, je peux passer 4 à 5 h par jour à lire et ça m’aide à m’équilibrer).

Le diagnostic a pris 4 ans du fait d’une grande difficulté à trouver des psychiatres spécialisé.e.s capables de poser un diagnostic et je sais que c’est encore le cas aujourd’hui pour beaucoup de proches en questionnement.

Le fait est qu’il y a encore quelques années, être adulte excluait le diagnostic de TDAH, parce que la psychiatrie considérait qu’à 18 ans, le TDAH disparaissait. De plus, les troubles neuro-développementaux, notamment le TDAH et le TSA, ont été classifiés à partir de critères détectés sur des personnes de sexe masculin. Et jusqu’à peu, l’un des diagnostics excluait l’autre, alors que la cooccurrence des deux troubles est fréquente.

Aujourd’hui, on sait aussi que l’éducation est genrée, ainsi que les conditionnements sociaux et sociétaux (Coucou la culture du viol – hors sujet, je sais, mais les agressions sexuelles sont plus fréquentes sur les personnes handies, alors la digression reste utile), mais la psychiatrie, en France, a encore du mal à bouger et à s’adapter aux outils d’évaluations modernes. Pendant longtemps, un diagnostic de TSA ou de TDAH équivalait à une mauvaise éducation ou à une mauvaise implication de la mère dans son lien à son enfant. La relation mère-enfant a été fortement mise à mal par la psychanalyse freudienne et cette-dernière a lourdement influencé négativement la vision des personnes portant un TSA ou un TDAH. (Coucou l’analyse freudienne du stimming – auto-stimulation sensorielle pour contrer, en autre, une surcharge sensorielle, émotionnelle, cognitive, relationnelle, sociale et l’anxiété qui en découle – comme un désir sexuel refoulé. Ouais, on en est parfois encore là et ça m’exaspère…)

L’augmentation des diagnostics de TSA et de TDAH vient de là. Ce n’est pas une mode. C’est une évolution de l’étude des troubles et des critères diagnostics en incluant tous les genres (et pas seulement la binarité homme/femme). L’expression des troubles neuro-développementaux dépend de l’environnement dans lequel on grandit et des conditionnements sociaux et sociétaux. Par exemple, un diagnostic de TSA adulte peut venir d’un masquage intensif, forcé, durant de l’enfance, jusqu’à ce qu’un épuisement (parfois un burn-out) survienne, que le masque s’effrite et que la personne se pose les questions sur qui elle est réellement et sur les raisons de sa souffrance.

Mes spécificités sensorielles et relationnelles, mon besoin d’isolement et de silence extrême, mon besoin de relation privilégiée en duo avec mes proches, laissent supposer un TSA, cependant, les critères du DSM-V, le manuel diagnostic de référence utilisé aujourd’hui, sont stricts, il faut qu’il y ait une continuité de l’enfance à l’adulte et… il me manque un critère dans l’enfance pour valider un TSA. Donc l’exploration va continuer pour inclure ou exclure le TSA dans mon profil déjà chargé, grâce au Centre Ressource Autisme (CRA). Délai d’attente : 2 ans. J’ai fait ma demande en août dernier. Résultat en août 2027.

Tout ce que je sais, c’est qu’aujourd’hui, si je commence peu à peu à voir une lueur au bout de ce tunnel de difficultés, c’est parce que j’applique à ma vie, les conseils offerts par les vulgarisateurices (Merci en particulier à Florence de Thérapie TSA – https://www.instagram.com/therapietsa?igsh=MTQ3eDV3a2hscHlhaQ== pour son travail quotidien extraordinaire : https://www.therapie-autisme.com/) pour mieux vivre un TSA et, demain, qu’on valide ou pas ce diagnostic ne changera pas ce constat : ma vie va mieux si j’applique les conseils donnés aux personnes autistes pour gérer l’anxiété, les saturations sensorielles (auditives, visuelles – avec nausées pour certaines couleurs fluos, olfactives et tactiles essentiellement chez moi), en limitant les sources de déclencheurs de crises, d’anxiété ou d’effondrement. Encore faut-il connaître ses propres déclencheurs, ce qui n’est pas encore mon cas.

Trouble Anxieux Généralisé (TAG)

Et pour finir par le TAG… lui, en tout cas la partie anxiété sociale du TAG, je me doute qu’elle n’est qu’une conséquence du reste, du masquage social des douleurs, des difficultés cognitives, sociales et sensorielles pour ne pas faire de vagues et déranger, et du fait que la société nous impose de paraître normal.e pour être inclus.e en son sein. Ajoutons à cela un profond mal-être social et sociétal et une inquiétude croissante pour l’avenir qui nous caractérise quasiment toustes. Un cocktail parfait pour plein plein plein plein de monde pour déclencher une belle anxiété.

Le handicap dérange. Le handicap est tabou.

Pourtant nous sommes des personnes qui se battent au quotidien pour essayer de travailler, de conserver son emploi, de créer au milieu des tumultes de nos vies, maladies et troubles ou de créer son propre emploi. Jongler avec les rendez-vous médicaux ou paramédicaux (2 cette semaine, 3 la semaine prochaine, 1 la semaine d’après, au minimum, et tous à plus de 30 km de chez moi), le travail, la famille et quand on peut les ami.e.s, ça laisse peu d’espace pour véritablement souffler, se reposer et aller véritablement mieux. Alors je savoure quand j’ai quelques jours vides : ils me permettent d’essayer de créer, de travailler, d’écrire.

Pour vous donner un exemple, à l’heure actuelle, pour récupérer d’une journée de salon littéraire ou de marché, j’ai besoin d’une journée calme la veille avant l’événement et de 2 jours minimum après l’événement, parfois 3. Et quand je dis calme, c’est de moments sans déclencheurs, dans le silence, avec un strict minimum d’interactions sociales dont j’ai besoin. Et pour ça, il n’y a que l’isolement qui est possible. Si je force, c’est le crash et l’effondrement assurés, malgré les traitements contre l’anxiété et toutes les astuces que j’ai apprises depuis des années (pleine conscience, méditation, relaxation, respiration, reiki, plantes…)

Alors, merci encore à celleux qui évoquent toutes ces solutions sur les médias sociaux, merci à ma psychologue et à mon psychiatre, iels m’ont permis de mieux comprendre mon fonctionnement et de commencer depuis seulement quelques semaines à ajuster ma vie dans ce sens.

Le bilan : encouragements, astuces et de sincères remerciements

En écrivant ces mots, j’ai pensé bien entendu et pense encore à toustes mes proches qui, chaque jour, souffrent dans leur corps et dans leur esprit et qui se battent au quotidien pour transcender leurs douleurs psychiques ou corporelles pour que vous ne soyez pas dérangé.e.s par leur mal-être, pour que vous ne voyez rien, pour garder leur emploi, pour garder un semblant d’équilibre familial et social, et qui en plus persiste à vous sourire et à vous accueillir malgré toutes leurs souffrances intérieures.

Le parcours pour faire reconnaître ses droits en tant que personne handicapée est long et fastidieux. La société ne nous aide pas. Les informations sont diffusées au compte goutte et il est parfois très difficile d’avoir la bonne information au bon moment.

Sachez qu’en Bretagne, il existe le CLIC https://www.ille-et-vilaine.fr/clic (pour l’Ille-et-Vilaine) qui peut vous aider à monter vos dossiers de demande d’aides à la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) telles que RQTH, AAH, PCH… Les personnes qui travaillent à Montauban-de-Bretagne et sur le territoire de Brocéliande m’ont beaucoup aidée, ainsi qu’une amie ancienne travailleuse sociale(🙏😘). Les formulaires sont souvent complexes à remplir et, dans mon cas, j’ai tendance à largement minimiser les difficultés liées à mes pathologies et troubles. Sans ces personnes, j’aurais été perdue dans l’enfer administratif. Leur aide a été salvatrice et m’ont permis d’obtenir une partie des aides dont j’avais besoin, alors je les remercie sincèrement. 🙏❤🌟🌷

Les personnes qui me soignent et me suivent, à savoir psychiatre, psychologue, gynécologue, généralistes, ostéopathe, kinésithérapeutes, masseuse (et plus encore), gastroentérologue, infirmière font également un travail remarquable et acceptent mes volontés de ne pas être dans l’hypermédication. J’aime que mon corps et que mon esprit puissent se reconstruire sans aide chimique, à l’aide uniquement de plantes, de méditation et de travail sur soi, mais ce n’est pas toujours possible.

J’en profite pour également remercier du fond du cœur les proches qui m’ont accompagnée ces 3 dernières années infernales, ma mère, ma sœur, mon ex-compagnon et meilleur ami aujourd’hui, mes deux sœurs de cœur, l’une brécilienne et brétilienne (et sa famille), l’autre née en terres brésiliennes (le lien d’une seule lettre différente était trop extraordinaire pour ne pas le mentionner). Sans ces personnes, et mes trois fauves, boules d’amour inconditionnel, quasiment au quotidien auprès de moi, que ce soit à distance ou en présentiel, j’aurais abandonné mon parcours de soin depuis longtemps et serais entrée dans une ère de décadence. Alors, je vous aime profondément et mon soutien vous est en retour indéfectible. À jamais.

J’ai une pensée de gratitude pour mes muses également, ces personnes qui traversent ma vie, parfois comme un éclair et disparaissent du jour au lendemain sans véritable raison, d’autres pour s’y implanter et rester durablement. Ma créativité me sauve la vie et, cette année, en plus des dédicaces, salons et marchés, il y a eu la découverte de la scène, des lectures publiques, du slam et de la poésie déclamée où j’ai proposé les textes de mon podcast, Le Jardin des Délices (www.jessiechevin.com/le-jardin-des-delices). Ces moments face au public m’ont permis de dépasser mon anxiété lors de brefs instants, d’oublier souffrances et douleurs, de faire des rencontres douces et bienveillantes et… les retours sur mon travail ont été incroyables. C’est précieux. 🙏❤🌟🌷

Voilà toutes les raisons qui font qu’on s’accroche, lorsqu’on traverse des difficultés : l’amour sous toutes ses formes, la reconnaissance de l’autre en tant que tel et surtout l’amour de soi, l’indulgence, l’auto-compassion et la bienveillance envers soi-même.

Merci à toustes pour votre présence.🙏❤🌟🌷

Prenez bien soin de vous, de votre santé physique et de votre santé mentale. Au moindre doute, consultez un.e médecin.e ou un.e spécialiste. Ne vous abandonnez pas. Vous n’êtes pas seul.e.s.

Et à toustes les proches aidant.e.s, du fond du cœur, encore merci ! 🙏❤🌟🌷

Fév 6, 2023 - Bribes de vies    No Comments

Don’t give up

Reprendre un blog, après plusieurs mois, voire plusieurs années d’absence.
Me mettre la pression avec des challenges personnels, professionnels, scolaires, universitaires à accomplir.
Être submergée par la quantité d’idées qui fusent dans tous les sens.
Ne pas respecter mes propres délais fixés et mes propres limites physiques, psychologiques, émotionnelles, sensorielles, relationnelles.
Péter les plombs de frustration, m’en vouloir de ne pas savoir/pouvoir me prioriser, d’avoir oublier mon essence, mon chemin de vie, ce qui me tient à cœur.
Arrêter de me morfondre, me recentrer sur moi et croire à nouveau en moi.
Ne pas abandonner, malgré les chutes, les échecs et les affres de la vie. Les expériences.
Alors, reprendre l’écriture, un blog, la création…
Ne jamais abandonner.

Ne jamais abandonner…

Ce sont les mots qui sont sortis tout seul, il y a quelques mois, presque un an alors que je m’étais fixée d’écrire un article de blog, de reprendre mes écrits en main et de m’y tenir au moins quelques temps. Un article tous les premiers quartiers de lune (même si on est le lendemain de la pleine et que je n’ai pas tenu mes propres délais)… Pourquoi pas, c’est plus light qu’un article par semaine, ça me met moins la pression. Écrire sans contrainte de thématique, sans ligne éditoriale et livrer un échantillon de ma vie d’autrice, d’écrivaillonne en arbres comme j’aime à m’appeler. C’est ma marque, c’est comme ça. Et dans ma tête, malgré les critiques reçues, cette expression n’a jamais été négative. Elle est juste moi. Riche en ramifications. Arborescence plurielle.

Retrouver la voie de soi, de sa créativité, de son écriture…

Quoi qu’on en dise, ce n’est pas toujours une question de vouloir, parfois il s’agit d’une vraie question de pouvoir. L’expression galvaudée du « quand on veut, on peut » m’exaspère au plus au point. Celleux qui la lancent, souvent comme une pique, à certains procrastinateurices, en les toisant de haut, d’un air condescendant, en grands détenteurices de la vérité, ne savent pas combien il est parfois très frustrant, d’avoir la motivation, de savoir ce qu’il y a à faire et de ne pas réussir à se mettre en mouvement. C’est un véritable malaise intérieur que d’avoir envie, réellement envie de faire quelque chose et d’avoir le cerveau qui s’embourbe pour se mettre au travail. Tout n’est que distraction, tout n’est que difficulté, tout est confus, tout est urgent, prioritaire, et tout brûle jusqu’à bouillir dans chaque cellule. Et c’est l’explosion. Plus rien n’est alors possible. C’est une impasse. Comme pétrifié, tout devient extrêmement compliqué et on se noie alors dans une mélancolie, un spleen des temps productifs, sans comprendre ce qui se passe. Anxiété…

« Et pourquoi les mots ne sortent plus ? Pourquoi je n’arrive même plus à faire la cuisine sans être submergée par toutes les étapes d’une recette ? Pourquoi tous ces autres y arrivent elleux et pas moi ? »

Oui, dans ces cas-là, parfois, ouvrir un tiroir pour prendre un couteau et éplucher une racine cabossée est une chose des plus insurmontables. Un océan se dresse entre le début et la fin de la tâche qui paraît beaucoup trop complexe. C’est comme si mon cerveau était claustré dans une cellule sans issue. C’est comme un pont suspendu sur lequel il manquerait des dizaines et des dizaines de planches ; il serait plus facile de compter les planches qui sont présentes… Merci Jessica McCabe de la chaîne YouTube How to ADHD pour cette image vraiment parlante(lien de l’épisode, ici). Je vous conseille cette chaîne, elle est précieuse (lien de la chaîne, ici).

La surcharge cognitive

Demain sera un jour meilleur. Demain je saurai organiser ma journée, je saurai même faire la recette la plus complexe sans sourciller. Aujourd’hui, mon cerveau a besoin de repos.
Eh oui, parfois, c’est pour ça que moi je procrastine. Parce que parfois, imprimer un document, c’est une tâche insurmontable et me provoque des crises d’anxiété dont vous n’avez pas idée. Et demain, je me trouverai ridicule d’avoir autant paniqué pour tâche aussi simple… L’auto-jugement est souvent sévère.
Alors demain, si l’envie vous vient de taquiner un proche d’un « quand on veut, on peut », rappelez-vous que tout ne se situe pas dans le « vouloir » et que chacun fait ce qu’il peut avec ce qu’il est. Comme vous d’ailleurs. Et qu’en fait, en psychologie, le fait de se sentir submergé par tout ce qu’on a à faire, par nos pensées et d’avoir le cerveau qui se pétrifie, ça un nom : la surcharge cognitive.

J’ai écrit cette article en mai 2022, je le reprends aujourd’hui et quelle n’est pas ma surprise de voir que je sors difficilement d’une nouvelle phase du même type et c’est ma neuropsychologue qui m’a donné le nom de mon état du moment : surcharge cognitive. J’ai répété mon schéma, alors que depuis je m’étais équilibrée. Je vous épargne les raisons de cette surcharge cognitive, mais les stress émotionnel, administratif, professionnel, artistique, créatif, universitaire, personnel, logistique se sont tous abattus d’un coup sur mes circonvolutions cérébrales.
Surcharge cognitive…

Cette expression grossière qui met en prison mon cerveau et qui joue sur l’estime de moi-même en me notifiant mon auto-déception. Ouais, la phrase est lourde, pardonnez à mon cerveau étriqué qui étouffe dans sa cage. Un bol d’air, voilà ce qu’il lui faut. De l’air, de la nature, de la marche. Un retour au corps… Et que je prenne soin de moi pour retrouver ma lumière intérieure et c’est à ça que j’ai passé mon mois de janvier (ça aussi ça devient répétitif, je penserai à partir en vacances en janvier, les prochaines années).

Don’t give up, Bright Lights, Imbolc et le retour de la lumière

Alors, pour contrebalancer cette noirceur ambiante chère au mis du, les mois noirs en breton, je vous souhaite à tous de trouver la lueur au fin fond de vos ténèbres, celle qui vous fait tenir le coup, vous accrocher à votre résilience, celle qui peut croître si on la nourrit ardemment. En ce début février, chez les celtes, on fête Imbolc, le retour de la lumière. C’est le pendant lumineux à la Samain, l’entrée dans les mois noirs. Et cette année, comme de plus en plus chaque année, nous avons besoin de lueurs pour éclairer nos chemins intérieurs et explorer l’obscurité. Dompter nos ombres, les apprivoiser, conjuguer avec elles pour les mettre en lumière et les accepter. Vivre avec elles en pleine conscience sans se laisser submerger par elles.

Je termine cet article avec un extrait du Jardin des Délices (en lien, ici), mon podcast créatif. Il s’agit du premier épisode de l’année 2023, celui que j’ai publié en guise de vœux, si je puis dire. Il se nomme « Don’t give up », comme le titre de cet article.
Voici :
« Je vous souhaite de trouver cette lueur, ce guide, cette lumière qui illuminera votre vie, de vous en saisir et de ne plus la lâcher.
Oui, don’t give up, comme le disent les anglo-saxons. C’est, depuis 2022, mon mantra en janvier, ce mois noir, en Brocéliande, où la nuit, goulûment, dévore encore le jour…
Ne pas abandonner. Croire en nos rêves, les laisser nous happer, nous élever, nous enlever à la violence inouïe de notre incarnation dans cette société à la morosité ambiante pour nous sublimer et offrir en échange une nouvelle étincelle d’espoir.
Croire en notre lumière, la laisser nous envahir intimement jusqu’à ce qu’elle pénètre nos plus infimes parcelles… corporelles… énergétiques.
Écouter le Jimini-Criquet sur notre épaule, avoir foi en lui, il sait ce que notre cœur, notre corps et notre âme réclament.
Oui, Je vous souhaite de trouver cette lueur, ce guide, cette lumière qui illuminera votre vie, de vous en saisir et de ne plus la lâcher.
Jamais. »

À bientôt pour un nouvel épisode de mes boire et déboires…

213. Le climat. Try better next time.

213. C’est le chiffre du jour.
213.
Je n’en reviens pas encore.

213 semaines que Greta Thunberg a commencé sa grève pour le climat*, qu’elle est sortie du système scolaire de son pays pour alerter la planète sur l’urgence climatique. Je hurle. À l’intérieur, je hurle. C’est comme ça que s’exprime ma souffrance et ma révolte, elle est représentée par un cri muet.

L’école n’est même pas un moyen de pression… 4 ans… fuck! Tant que ça ne touche pas l’économie, le pouvoir d’achat, ou sa petite personne, tout le monde s’en fout et ça me débecte. Je hurle en silence.

213 semaines, la liberté des uns s’arrêtent là où crèvent les autres.

Plus de 4 ans. Et j’ai l’impression que rien ne bouge là-haut. Oh pas dans les sphères célestes, il ne m’appartient pas de les juger, mais sur Terre, du côté de ceux qui siègent au sommet de la chaîne alimentaire (financière) et qui ne respire que le profit.

Je suis en colère. J’ai quelque chose en travers de la gorge qui m’étouffe depuis des semaines et des semaines et je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Je sais que je fais de l’éco-anxiété (en ce moment ça tourne plus au désespoir même), que je me terre régulièrement loin du monde pour ne pas subir les vagues de paniques diffusées par les médias, mais aussi celles de mon entourage, aussi positif se veut-il. Mais là, je n’en peux plus de lire les commentaires de ceux qui veulent profiter de la vie au dépend des autres. La liberté des uns s’arrêtent là où crèvent les autres (#fifa #worldcup2022 #qatar).

C’est exactement ce qui va se généraliser dans quelques années. Et n’allez pas vous focaliser sur 2050, même si la limite est proche. Étant donné l’été que nous avons eu en Europe (s’il n’y avait que l’Europe), on voit qu’on vit déjà dans ce réchauffement global. C’est déjà ce qui se passe.

Je vis en Brocéliande et même la forêt magique a partiellement brûlé pendant plusieurs jours. Où va-t-on quand la Bretagne, cette région soit-disant pluvieuse de France, se retrouve en vigilance sécheresse et voit ses arbres carboniser ? Et encore, nous ne sommes pas à plaindre. Les réfugiés climatiques ne devraient pas tarder à arriver. Si je vous dis que je suis en train d’essayer de me former pour pouvoir les accueillir, vous me croyez ?

213 semaines de grève pour le climat

Alors on pourra prétexter ce qu’on veut, le cycle de la Terre, celui du Soleil ou d’un autre astre sorti d’un chapeau de magicien ou du télescope James Webb (ses jolis clichés nous font tellement rêver d’un ailleurs utopique), mais dans le concret, il y a des gens qui meurent pour que d’autres puissent faire 3 fois le tour du globe en jet privé en 1 semaine (#bernardarnault – suivez le : https://twitter.com/laviondebernard) ou exploiter le sol de zones protégées (#total). Sans compter ceux qui brevettent les semences et les rendent stériles, comme nos sols (#bayer #mosanto). Est-ce que j’exagère ? Peut-être. Est-ce que j’ai des chiffres précis, je n’ai même pas envie de vérifier. Je sais qu’ils sont déjà bien au-delà de ce que j’exprime et pas parce que je suis catastrophiste, mais bien parce que je suis utopiste et espère chaque jour avoir ma dose de nouvelles qui illuminent ma vie et l’avenir.

Alors aujourd’hui, en voyant la photo hebdomadaire de Greta, j’ai compris. J’avais besoin de l’ouvrir, de ne plus contenir cette colère, mais de la laisser s’exprimer. Je ne suis pourtant pas une adepte des coups de gueule, j’aime plutôt les coups de foudre, plus bienveillants à mon âme compassionnelle. Mais j’ai juste envie de hurler ma souffrance, celle qui m’étrangle depuis des semaines et que j’essaie d’étouffer tant bien que mal. Et si ça vous dérange, tant pis. J’ai besoin d’extirper ce mal-être de ma gorge. Et vous n’êtes pas obligé de me lire.

La perfection n’existe pas

Tic tac, l’horloge tourne. L’anthropocène, ou comment l’être humain fait dégénérer le monde. Et chacun, avec ses gestes de colibris peut faire avancer l’horloge du climat dans le bon sens. Vous savez très bien quels sont ces gestes qu’on rechigne tous à faire, parce que c’est long et chiant : l’huile de palme, le soja pour nourrir les bestiaux qui vous (pas moi) nourriront (sans parler de la souffrance animale associée), le plastique, les déchets, les balades en avion, les balades en jet, le fast tourism, la fast fashion, la climatisation de stades dans une région désertique et caniculaire… pour ne citer qu’une partie de ce qui nous consume tous. On marche sur la tête et on va direct dans le mur.

Moi aussi, j’ai des progrès à faire, je le sais. Comme chacun d’entre nous. Personne n’est parfait. Mais comme le faisait remarquer il n’y a pas si longtemps encore Camille Étienne (@grainedepossible) « nous n’avons pas le temps d’être parfaits ! » Alors agissons, chacun à notre niveau, on peut tous faire quelque chose. Alors toi, oui toi, va ramasser les déchets qui volent sur ton trottoir, c’est encore la tâche la plus facile à faire entre toutes, tu éviteras peut-être à une tortue de se coincer les pattes dans un morceau de plastique.

213 semaines… Je rêve d’utopie : Try better next time.

Je rêve d’un monde respectueux. D’un retour à la terre. D’une vie naïve comme les peuples premiers. D’une vraie relation avec le Vivant. Respectueuse, bienveillante. Nous sommes une partie du Vivant. J’aime à m’imaginer plongeant mes mains dans les entrailles de la Terre et ressentant son cœur battre à la place du mien. Serais-je moins en colère ? Serais-je encore plus résiliente ? Qu’éprouverais-je devant mon hôte destructeur ?

Je rêve d’utopie. Je rêve de douceur et de bienveillance. Je rêve d’humanité (merci au planning familial pour sa belle campagne inclusive). Je rêve d’acceptation, de tolérance, de respect et de compassion.

Alors oui, il se peut qu’un jour, il nous pousse des nageoires et qu’on se retrouve à un endroit, loin d’ici, au milieu de l’océan.** Retour aux origines, dans le ventre de la Mère-Terre, Gaïa. On remet les pendules à zéro et on recommence, parce que, dans son immense mansuétude, elle nous aura accordé une seconde chance. On aura appris de nos erreurs et on formera un peuple soudé qui respecte ses scientifiques et ses lanceur.euse.s d’alerte. Un peuple d’amour dont le cri puissant et bienveillant raisonne l’être humain et le façonne à son image. Un peuple qui respecte le Vivant.

Oui, on fera mieux la prochaine fois**. C’est sûr, on fera mieux.

Pour ma part, je retourne à mes utopies, à mes histoires de dragons et d’enfant-double ainsi qu’à mon jardin (qu’il soit des délices ou riche en fruits et légumes).

Prenez soin de vous.

* School strike for climate, Skolsrejk för Klimatet – Merci Greta pour ton engagement incroyable qui me pousse à l’admiration.

** Texte librement adapté de la chanson « Try better next time » du groupe Placebo.
« There’s a spot in the ocean, that’s where we’ll meet,
Somewhere faraway where fish can nibble at our feet.
And we can grow fins, go back in the water,
Grow fins, go back in the water… »
« Try better next time », Never let me go, Placebo, 2022.

Jan 11, 2022 - Bribes de vies    No Comments

2022 : S’offrir un cocon de douceur en refuge apaisant

2021 - Amou à Saint-Péran

Namaste cher.ère Dévoreur.euse de Mondes,

Poser des mots justes sur des intentions authentiques et bienveillantes, voilà ce que m’inspire ce nouveau début d’année, malgré la torpeur ambiante. Et de la douceur, beaucoup de douceur pour entrevoir demain comme une porte qui s’ouvre et non comme une porte qui se ferme.

De l’incertitude des vœux de la nouvelle année…

Depuis plusieurs années, je ne sais pas comment formuler mes vœux en janvier. Les convenances des fêtes de fin d’année m’insupportent de plus en plus, me mettent mal à l’aise. Mon esprit contestataire se révolte de suivre les traditions uniquement pour suivre les traditions, j’ai envie de rugir ma rébellion et de tout envoyer valser au fond d’une ravine sans fond.
Ma poitrine se serre.
À l’intérieur de moi, je me sens étouffée par l’expression de ces « bonne année ». Beaucoup souhaitent les vœux à la va-vite davantage comme un pansement qu’on arrache d’une plaie plutôt que comme un don débonnaire, altruiste et bienveillant. « Allez hop, ça c’est fait et on n’en parle plus ! » Et c’est de pire en pire à mesure que je vieillis. Et plus je vieillis, plus ça me blesse. Et plus je doute…

Je pense qu’en grandissant, l’imprévisibilité de la vie nous apprend aussi que le concept du demain meilleur n’existe pas vraiment. Cette année, en particulier, j’ai beaucoup de gens malades autour de moi ou en grande difficulté sociale, et ces souhaits, même si l’intention est bonne et que je crois toujours en la force de l’interdépendance et de l’impermanence, sont difficiles à exprimer. Je ne sens pas mes vœux assez profonds, pas assez puissants. Je trouve mes mots plats, et j’exècre la platitude. J’ai peur de blesser, de remuer des couteaux profondément enfoncés dans les chairs, alors que j’aimerais vous voir sourire.

C’est peut-être mon hypersensibilité qui s’exprime, mon empathie qui déborde, peut-être que j’intellectualise trop ces quelques mots, peut-être que je devrais lâcher-prise et faire comme tout le monde et simplement offrir ces simples souhaits furtivement sans me poser de questions sur leur réception. Mais non, je n’y arrive pas. Je doute et tergiverse. Mes mots sont hésitants, je me demande beaucoup trop comment ils vont être reçus.

De l’intention quotidienne

En même temps, chaque jour est nouveau. Alors ce rituel sociétal paraît trivial, désuet et lassant. J’entends régulièrement cette analyse autour de moi. De plus en plus de personnes abandonnent cet exercice à cause de son apparente inutilité, mais souvenez-vous du pouvoir des intentions, de la force émotionnelle que peut générer un simple mot positif envoyé. Ou reçu…
Personnellement, lorsque je choisis d’envoyer une intention positive, profonde et sincère, au creux de ma poitrine, je ressens une chaleur qui se propage ensuite dans tout mon corps, et ça pétille sous ma peau diaphane comme si j’avais moi-même reçu mes propres souhaits. J’aime cette sensation. J’aime faire plaisir aux autres, les faire sourire, leur offrir de l’attention (lorsque je le peux).

Alors, j’aimerais qu’on se propage des vœux chaque jour, chaque minute, qu’on se souhaite le meilleur toute l’année et pas uniquement à un seul et unique moment… qu’on offre de douces attentions à ceux qui nous entourent chaque jour. J’ai envie que mes vœux pour vous soient une cérémonie à eux seuls, personnalisés, ciselés, authentiques. Chaque jour.
Décidément, les vœux de 2022 sont à mille lieues de ceux de 2021. J’ai presque honte, parce que j’ai vraiment failli crier ma rage, mais ma rentrée (surtout mon mardi matin) a été spéciale et me ramène à l’importance de l’entraide, du partage, de la compassion et me rappelle à quel point j’ai une place de privilégiée dans cette société occidentale.

Humilité

De la douceur et de l’amour…

L’année dernière, j’avais fait preuve de spiritualité, de philosophie… Aujourd’hui, j’ai envie de faire preuve de gratitude pour toutes les expériences que j’ai vécues. Les bonnes comme les mauvaise, parce que tout nous fait avancer. Alors, je souhaite vous offrir plus que de la simple douceur. J’ai envie de tous vous étreindre, de vous chuchoter des mots d’amour au creux de l’oreille, de répandre de la douceur dans votre cœur, de la bienveillance et de la compassion comme on saupoudrerait de sucre glace une maison en pain d’épices. De vous offrir de l’émerveillement en bouquet…

J’ai envie de hurler « À l’art ! » et qu’on offre aux artistes de tout acabit, quels que soient leurs médiums, une place digne de ce nom ! Si vous saviez à quel point l’art soigne l’âme et apaise le cœur, vous ne le relégueriez plus au dernier plan. Offrez vous des œuvres sous toutes leurs formes, des livres, des peintures, des sculptures, des photographies, des disques… Faites vivre la création ! Elle ouvre le champ des possibles. Elle nous fait rêver… Faites vivre les créateurs ! Ils nous font rêver…

Je veux de souffler sur le monde, sur le Vivant, sur vous, les mots les plus doux possibles. Que le ciel s’embrase de milliers d’étoiles scintillantes, que la voie lactée vous serve de guide dans vos jours sombres et que le Vivant soit vu, tel qu’il est et que personne n’oublie plus jamais que nous lui appartenons et pas le contraire. Nous ne sommes qu’une infime partie du Vivant. Oui, nous lui appartenons. J’ai envie d’un monde où l’économie est dévorée par la bienveillance, la douceur, le partage, l’amour… la nature.

Si je le pouvais, je vous offrirais, pour tous les jours de l’année, un cocon de douceur douce et moelleuse dans lequel on aime à se lover en souriant, rassasié d’amours partagées. Un refuge douillet qui vous réconforte et vous rassure avant de vous projeter haut, très haut vers l’infini de la galaxie.
Oui, tout n’est qu’impermanence et interdépendance…
Et j’aime à croire que mes intentions pour vous, pour cette nouvelle année, contiennent assez de puissance pour que le monde scintille de milliard étoiles. J’ai envie de voir vos regards pétiller.

Alors, que Dame Lune guide vos pas à travers vos nuits de désespoirs, que Sieur Soleil illumine vos jours d’émerveillement, que les étoiles accompagnent vos rêves les plus fous. Que la lumière du renouveau éclaire vos vies et vous montre le chemin de votre cœur, de votre âme… et de votre douceur.

Avec toute ma bienveillance…

Jan 14, 2021 - Actualité, Bribes de vies    No Comments

Vœux 2021, amour, impermanence etc. tralala : pourquoi souhaiter les vœux de la nouvelle année est devenu important pour moi (même si je ne les ai pas encore souhaités à tous) ?

Cœur dans la neige à Saint-Péran - janvier 2021
Un peu d’amour à Saint-Péran

Un nouveau champ de possible s’ouvre à nous, profitons-en, remplissons-le d’amour, de bienveillance, de respect pour le Vivant, d’art, de créations en tout genre, libérons la parole, remercions et souvenons-nous de ce/ceux qui nous a/ont fait grandir et expérimenter la vie. Chaque émotion est belle, embrassez les toutes. Vivez.

Aux chiottes 2020, on tire la chasse : bilan 2020 – Après les mots d’amour, j’ai presque honte d’avoir un titre aussi trivial, mais repartons sur de nouvelles bases.

Je dis ça, mais en réalité, pour moi, cette année 2020 n’a pas été aussi pourrie qu’elle ne l’a été pour un max de gens. Beaucoup d’entre nous ont vu leurs projets annulés ou au mieux reportés à des dates incertaines (y compris dans les associations dont je fais partie). Beaucoup ont perdu des proches, ont souffert et souffrent encore. Et c’est le cœur meurtri que je pense à chacun.

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Avr 21, 2018 - Bribes de vies    1 Comment

Hier, j’ai eu le reading blues

Je ne sais pas s’il vous est déjà arrivé d’avoir une belle session de déprime après avoir fini un livre. J’ai régulièrement cette sensation de vide après avoir terminé une série dont j’ai enchaîné le grand nombre d’épisodes très vite. Les personnages sont devenus mes amis et ne plus pouvoir les retrouver parce que la série est terminée, c’est presque comme perdre un proche. Oui, j’exagère, mais le sentiment est plutôt fort. Une déprime plutôt difficile s’empare de nous. Heureusement, elle ne perdure pas très longtemps. Notre façon de dissocier la fiction de la réalité nous permet d’apaiser la douleur de la perte de l’ami imaginaire et de se rassurer avec notre routine et nos aventures exotiques. 😉 Read more »

Hier, je me suis posée des questions sur ma santé et mon avenir professionnel et créatif.

Comment écrire quand tu doutes de chacun de tes mots ? Comment écrire quand la fatigue entrave le moindre de tes mouvements et la moindre de tes pensées ? La création n’est pas si simple, n’est pas si facile qu’elle n’y paraît. L’angoisse de la page blanche ne me mord pas, pourtant, mon corps est assoiffé de sommeil et mon esprit s’est embrumé au point de me faire douter de tout.

Je regarde Seigneur-Chat Éden du Carton. Ses yeux luisent dans la lumière. Il me fixe. Il voit. Il sait. Read more »

Hier, je me suis remise à écrire

Accumulation de B'Stiol dans un point d'interrogation - © Kisa 2017

Accumulation de B’Stiol dans un point d’interrogation – © Kisa 2017

Bon avant tout, ce n’était pas hier au sens strict, évidemment. C’était plutôt en décembre 2…
Après une séance d’évaluation de la personnalité (merci G. ^_^) pour l’efficacité du développement l’entreprise dans laquelle je suis salariée, j’ai compris que je n’avais plus le temps d’attendre, plus le temps de tergiverser, plus le temps de me mettre moi, en tant qu’individu, de côté. Je devais donc prendre en main ma vie et surtout ma vie créative.
On nous dit souvent que la vie passe vite et, même si c’est un poncif, c’est la réalité, mais la vie passe d’autant plus vite quand on s’oublie, et elle passe mal. Elle reste coincée au fond de la gorge et nous étouffe. Read more »

Hier, j’ai voulu reprendre ce blog

La B’Stiol Triyi déguisée en savant fou – © Kisa 2017

La B’Stiol Triyi déguisée en savant fou – © Kisa 2017

Sérieusement, un blog ?

Ouais, ça ne sert probablement plus à rien un blog, mais j’m’en fous ^^
Un eXutoire (j’adore mettre des X majuscules au milieu des mots, ne me demandez pas pourquoi… et non, rien avoir avec le porno !), voilà ce qu’est d’abord ce blog.
Je ne prête pas toujours attention à la forme, au style, à ma plume. J’écris ici en langage parlé et ça me va très bien parce que j’ai juste envie de cracher sur l’ordi des coups de cœur, de gueule, de blues et de les partager avec le monde, parce que je pense sincèrement, qu’un ressenti, quel qu’il soit, n’est pas aussi personnel et anodin qu’on veut bien nous le faire croire. Il peut aussi faire du bien à celui qui le lit.
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Hier, j’ai lu « Niki de Saint-Phalle, Le Jardin des secrets » d’Osuch et Martin.

Couverture du livre

Couverture du livre « Le Jardin des secrets d’Osuch et Martin » – Casterman – 2014

Je ne sais pas, je ne sais pas quoi dire mis à part que ce livre (oui ! Les B.D. sont aussi des livres ! Merde !) a fait boumboumer mon cœur.
Je ne sais pas, c’est peut-être la vie de Niki de Saint-Phalle et les mots avec lesquelles elle se raconte… Sa souffrance énorme, sa force et son courage sans borne m’ont profondément touchée.

Les autrices (oui, c’est la féminisation historique de ce mot), Dominique Osuch et Sandrine Martin, nous donne à voir et à lire Niki en toute simplicité dans le ton utilisé (Niki nous prend par la main, le lecteur suit sa vie à ses côtés, elle nous guide à travers son quotidien). Le style du dessin à la fois simple et précis, tantôt noir et blanc, tantôt couleur, rappelle l’artiste et toute la surcharge émotionnelle qui la caractérisait. Elles réussissent à la perfection à nous faire croire que Niki a elle-même dessiné ce livre.
Je pense que c’est l’atout de cette bande dessinée, nous croquons à pleine dent la vie de Niki, nous la vivons avec elle. Impossible de rester stoïque si on aime la femme et l’artiste. Read more »

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